Une indispensable conversion psychologique

Le traitement thérapeutique des états chroniques, si fréquents de nos jours et peu compris des patients, ne peut s’exonérer de la prise en compte des facteurs psychologiques.

Dans les affections chroniques, la pathologie organique s’intrique obligatoirement avec un épuisement du patient et l’effondrement de ses réserves adaptatives, avec pour cause l’âge ou souvent, les conditions de vie qu’impose notre monde de performance.
La prise en charge de l’état organique ne suffit plus pour guérir. La vision médicale doit être tout autant globale que locale.
À travers l’histoire du patient (connaissance du passé personnel, familial et des antécédents pathologiques), mais aussi grâce à la mise en évidence des circonstances et évènements qui ont pu se produire de façon concomitante à la survenue de l’état pathologique actuel, le neurothérapeute perçoit des réalités de vie dont la persistance dans le temps épuise le patient.
La mise en lumière de ces facteurs doit aider le malade chronique à entrer dans une nouvelle démarche thérapeutique. Il doit petit à petit quitter la vision à court terme de l’allopathie et donc l’espoir d’une guérison rapide, pour une acceptation de tous les processus qui interviennent dans un état polyfactoriel. Il doit se faire l’artisan de sa santé et redéfinir avec réalisme son projet de vie en s’écartant de certaines obligations culturelles et sociales dont il s’était jusqu’alors inspiré totalement.
C’est pour le médecin la nécessité d’une démarche qualitative souvent pluridisciplinaire. Il doit abandonner son aura de guérisseur miracle pour devenir accompagnant, témoin, passeur d’un avant à un après où le patient à son rythme s’inscrit dans une confiance retrouvée en lui-même. Le docteur s’est fait enseignant.
La guérison ne sera pas alors un corps tout neuf, mais un état accepté qui permet enfin une espérance dans l’avenir. C’est certainement dans cette transformation du patient, sa conversion, que la neuromédecine trouve sa meilleure expression.
Seule l’incapacité pour le malade chronique à procéder à cette conversion qui demande parfois des changements radicaux dans les habitudes de vie, conduit à un échec thérapeutique en neuromédecine.

L’association d’une action symptomatique locale et médullaire, et d’une action rééducative globale permet, progressivement, un apaisement profond des souffrances affectives et leur mise en mémoire par l’abolition de la réponse au stress qu’elles génèrent.
Enfin l’hippocampe domine l’amygdale…